Favoriser l'innovation

Le futur de la place financière genevoise dépend plus que jamais de sa capacité d’innovation, notamment en matière de technologie. L’industrie bancaire est appelée à se réinventer sous la pression des générations « Y » et « Z ». A ce jeu-là, les Fintechs constituent un véritable moteur de compétitivité. L’Etat peut y contribuer, ne serait-ce que par la confection d’un cadre normatif adéquat.

 

 

Compétitivité

Plusieurs études montrent que la place financière n’a pas attendu l’invention du terme Fintech pour se montrer innovante

  • Selon le World Economic Forum (WEF) et l’IMD, la Suisse se classe aux premiers rangs des pays les plus compétitifs au monde.
  • Le Global Information Technology Report 2016 du WEF place notre pays parmi les dix Etats les mieux à même de faire face aux changements technologiques grâce entre autres à des investissements substantiels dans le digital.
  • L'étude "Digital Pulse Check 3.0" menée par le Swiss Finance Institute en janvier 2019 examine l'état actuel de la numérisation dans le secteur bancaire suisse. L'objectif principal est de déterminer le degré de maturité numérique des banques suisses par rapport au reste de l'Europe. Dans ce match, la Suisse mène 1-0 à la mi-temps!
  • Selon le « Baromètre des banques » réalisé par Ernst & Young en janvier 2019, les banques helvétiques ont intégré la révolution numérique dans leurs priorités et considèrent que la digitalisation constitue le moteur principal d'un changement structurel à long terme. Ce changement se matérialise par vagues successives. Le changement structurel touchera d'abord l'activité de détail et le segment des clients dits "affluents". Selon les établissements interrogés, la proximité avec les clients (40%) et un conseil de haute qualité (27%) constitueront les facteurs déterminants pour assurer la fidélité des clients à l'avenir.
  • Selon le « 2018 IFZ Global FinTech Rankings », Genève se place au 3ème rang des centres financiers les plus attractifs au monde dans le domaine des Fintechs.

 

Réglementation

Les grandes places financières internationales disposent aujourd’hui de possibilités accrues dans le domaine numérique. Pour pouvoir continuer à régater en comparaison internationale, le secteur bancaire suisse doit pouvoir disposer de conditions-cadres réglementaires adaptées aux évolutions technologiques futures.


Dans le domaine réglementaire, le Royaume-Uni a opté pour une approche proactive. L’autorité de surveillance anglaise (« Financial Conduct Authority ») joue un rôle de promotion économique et offre un programme de soutien des Fintechs dans le cadre d’un « innovation hub ».

En Suisse, le Conseil fédéral vient d’adopter sa « Stratégie Suisse numérique », prônant une collaboration étroite entre tous les secteurs économiques. De son côté, la FINMA a pris conscience de l’importance croissante des technologies avec sa proposition de « licence light » qui autorise l’identification des clients en ligne ou par video. Cette évolution importante pour une place financière internationale telle que Genève bénéficiera aussi bien aux établissements actifs dans la banque de détail qu’à ceux spécialisés dans le « wealth management ».

Pour que la place financière reste compétitive et innovante, les autorités politiques et administratives doivent donner une impulsion réglementaire déterminée. Pour ne pas constituer un frein à l’innovation, le cadre légal doit accompagner le développement des Fintechs.