Favoriser l'innovation

Le futur de la place financière genevoise dépend plus que jamais de sa capacité d’innovation, notamment en matière de technologie. L’industrie bancaire est appelée à se réinventer sous la pression des générations « Y » et « Z ». A ce jeu-là, les Fintechs constituent un véritable moteur de compétitivité. L’Etat peut y contribuer, ne serait-ce que par la confection d’un cadre normatif adéquat.

 

 

Compétitivité

Plusieurs études montrent que la place financière n’a pas attendu l’invention du terme Fintech pour se montrer innovante

  • Selon le World Economic Forum (WEF) et l’IMD, la Suisse se classe aux premiers rangs des pays les plus compétitifs au monde.
  • Le Global Information Technology Report 2016 du WEF place notre pays parmi les dix Etats les mieux à même de faire face aux changements technologiques grâce entre autres à des investissements substantiels dans le digital.
  • Selon le « Baromètre des banques » réalisé par Ernst & Young en janvier 2016, les banques helvétiques ont intégré la révolution numérique dans leurs priorités. La majorité des banques (67%) reconnaît que la numérisation permet notamment de mettre en place de nouveaux canaux de distribution et dispose ou élabore actuellement une stratégie de numérisation. Sur le chemin de l’ère numérique, les banques de détail devancent quelque peu les gestionnaires de fortune.
  • Les résultats de l’étude « L’avenir digital de la Suisse – réalités, défis et recommandations » menée par l’EPFL Lausanne pour le compte de SIX et Swisscom exposent les mesures à prendre pour que la Suisse relève ce défi avec succès.
  • La Haute Ecole de Lucerne a dénombré 162 sociétés actives dans les Fintech en Suisse à fin 2015 contre 24 en 2010. La Suisse romande est très présente avec 32 entreprises, soit une part de marché de 20%. A elle seule, Genève en compte 13. Le premier incubateur Fintech a vu le jour à Genève. Cet écosystème complet place Genève à la pointe de l’innovation en matière bancaire et financière.

 

Réglementation

Les grandes places financières internationales disposent aujourd’hui de possibilités accrues dans le domaine numérique. Pour pouvoir continuer à régater en comparaison internationale, le secteur bancaire suisse doit pouvoir disposer de conditions-cadres réglementaires adaptées aux évolutions technologiques futures.


Dans le domaine réglementaire, le Royaume-Uni a opté pour une approche proactive. L’autorité de surveillance anglaise (« Financial Conduct Authority ») joue un rôle de promotion économique et offre un programme de soutien des Fintechs dans le cadre d’un « innovation hub ».

En Suisse, le Conseil fédéral vient d’adopter sa « Stratégie Suisse numérique », prônant une collaboration étroite entre tous les secteurs économiques. De son côté, la FINMA a pris conscience de l’importance croissante des technologies avec sa proposition de « licence light » qui autorise l’identification des clients en ligne ou par video. Cette évolution importante pour une place financière internationale telle que Genève bénéficiera aussi bien aux établissements actifs dans la banque de détail qu’à ceux spécialisés dans le « wealth management ».

Pour que la place financière reste compétitive et innovante, les autorités politiques et administratives doivent donner une impulsion réglementaire déterminée. Pour ne pas constituer un frein à l’innovation, le cadre légal doit accompagner le développement des Fintechs.